Cet essai fait partie de POINTS DE VUE D’ARTISTES – une série de textes écrits par des artistes du monde entier. Chacun d’entre eux fut invité(e) à parler d’une œuvre de la collection permanente de la Tate qui l’intéresse, l’intrigue ou l’inspire.

  • Anya Gallaccio, 'preserve 'beauty'' 1991-2003

    Anya Gallaccio
    preserve 'beauty' 1991-2003
    2000 red gerberas, glass, metal, rubber
    displayed: 2600 x 5350 x 25 mm
    Presented by an anonymous donor 2004 Anya Gallaccio, courtesy Lehmann Maupin Gallery, New York

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Sans n’y avoir jamais mis les pieds, j’imagine l’odeur de cette pièce: le parfum des fleurs et leur lente détérioration. La pourriture progressive, l’impossibilité de la retarder, sont comme renforcées par ces grandes vitres qui contiennent les gerberas rouges (également connus sous le nom de pâquerettes africaines). Ce qui me plaît tout particulièrement dans cette œuvre, c’est cette altération que le temps exerce sur les choses et le titre qui nous fait réfléchir à la notion de ‘beauté’.

Lors de la performance et installation Contained Measures of Shifting States que j’ai réalisé en 2012 aux Tanks, l’espace dédié à la performance de la Tate Modern, j’ai projeté 24 images d’œuvres d’art, dont certaines proviennent de preserve ‘beauty’. Ces œuvres sont par la suite devenues le point de départ pour des discussions avec le public. Une dame m’a un jour demandé quel était le nom de ces fleurs et quand je lui ai répondu qu’elles s’appelaient des ‘pâquerettes africaines’, elle m’a dit en plaisantant : « est-ce que vous pensez que l’artiste fait par là un commentaire sur l’Afrique ? ». J’y ai réfléchi depuis et je me demande ce que cela changerait si c’était le cas.

Otobong Nkanga (née en 1974) est une artiste. Elle vit à Anvers.