Cet essai fait partie de POINTS DE VUE D’ARTISTES – une série de textes écrits par des artistes du monde entier. Chacun d’entre eux fut invité(e) à parler d’une œuvre de la collection permanente de la Tate qui l’intéresse, l’intrigue ou l’inspire

Lorsque j’étais en Angleterre, j’ai visité le musée David Hockney qui se trouve à Saltaire, un pittoresque village victorien près de Bradford. J’y ai appris qu’Hockney créait non seulement des peintures et des collages mais aussi des décors de théâtre. Partageant moi-même ces intérêts, je me suis donc beaucoup intéressé à l’œuvre de Hockney. J’ai même acheté un DVD à la boutique du musée.

J’aimais l’idée qu’il était une star et qu’il s’était installé en Californie pour vivre avec d’autres stars.  Ce qui m’intéressait aussi, c’était la subtilité avec laquelle il abordait la question de la sexualité dans ses œuvres : tout se passe en sous-jacent. Ses peintures ne sont vides qu’en apparence. Dans A Bigger Splash, tout ce qui reste du nageur est sa trace. Mais justement, le plongeon est comme le fantôme d’une rencontre secrète entre le peintre et ce qu’il peint. Le portrait d’un jour de luxure et de divertissement, un été à Los Angeles. La figure humaine est portée par sa propre absence. Il en va de même avec mes sculptures qui suggèrent une présence qui n’est pas présente.

Nicholas Hlobo (né en 1975) est un artiste. Il vit à Johannesburg.