What affinities are there between the work of Alexandre da Cunha and, for example, Brian Jungen, both of whom are represented in the Tate collection? 

Alexandre da Cunha, 'Skateboarderistismatronics (fan)' 2004

Alexandre da Cunha
Skateboarderistismatronics (fan) 2004
Used skateboards, chrome-plated utencils and plastic broom handle
object: 1035 x 1350 x 1045 mm
Purchased using funds provided by the 2005 Outset / Frieze Art Fair Fund to benefit the Tate Collection 2006© Alexandre da Cunha

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In particular, how does their work relate to each other? Beyond appearances, there is none. The artists have different origins and personal histories. Jungen is Canadian, da Cunha is Brazilian. While both artists could be said to transform manufactured objects, their respective works remain entirely original creations. However, if one had to find a solid and undeniable common ground between them, it would be their contemporaneity (as testified by their ages). They both belong to our era and practice an art of our world. An art that inscribes itself between tradition and contemporaneity.

The re-use of objects

One of the particularities of our epoch is that we have never invented and produced so many goods. The more we produce, the more we consume and the more we also throw away. In other words, we produce waste. The quantity of waste has become so significant that it has taken on symbolic meaning. It has long been considered the material essence of the Third World’s poorest populations who transform and reuse almost everything. By re-using the waste of our societies, one can actually generate a new economy, however paradoxical it may sound. Could this same economical inventiveness therefore be applied to a new kind of art?

Production of a new aesthetics

Ever since art became non-scopic (that is, that it engages more senses than sight alone), it has been understood that any object can be turned into an artwork (exemplified by the Duchampian ready-made). However, although contextual displacement gives an object a new meaning, it does not alter its original form. A ready-made artwork usually retains its shape. In Skateboarderistismatronics (fan) 2004 , Alexandre da Cunha transforms manufactured objects by re-contextualising them, but he does not alter their form. The work comprises three skateboards, whose wheels have been removed, positioned in a three-branched star pattern around a circular casserole dish which is itself fixed to a perpendicular, roughly one-metre long rod. While the skateboards are immediately recognisable, the composition as a whole is reminiscent of a ceiling fan. This act - of taking a popular Western object associated with urban, thrill-thirsty young people - is symptomatic of a new, anthropophagic aesthetic advanced by non-Western artists who appropriate Western objects for their own ends. The skateboard is itself a fascinating object that allows its protagonists to re-appropriate urban space. What is interesting about da Cunha’s work is that it repeatedly raises the question of aesthetics and its relationship to and between Western and non-Western worlds. I like to imagine that one would find a ceiling fan like da Cunha’s in South American modernist buildings like the houses created by the Brazilian architect Lina Bo Bardi.

Re-appropriation as a form of cultural continuity

One society absorbs the waste of another society in a quasi-natural gesture that lies between mimesis and the affirmation of an individual identity. This is an act through which a social being attempts to break free from their objectification, imposed upon them by their subordinate relation to another culture, in order to become a subject. One can see how cultures advance and evolve by re-appropriating first the ideas, and then the material forms of another culture. What I try to do in my own work is decipher this process. I believe that in every re-appropriation, one can find an individual political act, a resistance.

Kader Attia; September 2011

Artists’ Perspectives provides a platform for international artists to reflect on individual works within Tate’s collection or a related theme. Their texts are published in English and in another language of their choice, offering creative insights into Tate’s collection and art practice today for people in different parts of the world. Artist’s Perspectives is supported by The World Collections Programme

Antropophagie esthétique

Quel point commun existe-t-il entre les deux œuvres d’Alexandre da Cunha et celle de Brian Jungen, présentes dans la collection de la Tate Modern ? Et plus particulièrement : quelle est la relation qu’entretiennent ces œuvres entre elles ?
En fait, à première vue, il n’y a pas vraiment de point commun, si ce n’est les apparences. Ce sont deux artistes aux origines et à l’histoire très différentes. L’un est Canadien, l’autre Brésilien. Et même si leur démarche créative se formalise par l’usage d’objets manufacturés transformés, leurs œuvres restent des créations nouvelles à part entière… Mais s’il existe entre eux un point commun fort et indubitable, c’est leur contemporanéité. Leurs âges respectifs en témoignent. Ils font partie d’un monde qui est temporellement le nôtre, et pratiquent un art contemporain de ce monde, qui s’inscrit entre la tradition et la contemporanéité.

Réutilisation des objets matériels

L’une des particularités de notre époque actuelle est que nous n’avons jamais autant produit et inventé de biens et de besoins. De plus, plus on produit, plus on consomme, et plus on jette les restes de ces produits de consommation. On produit donc des déchets. Cette quantité de déchets est devenue tellement importante qu’elle en acquiert une valeur symbolique… Elle fut longtemps l’objet des populations les plus pauvres des pays du tiers-monde, qui réutilisent quasiment tout en les transformant. Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, en réutilisant les déchets de nos sociétés, on peut aussi générer une nouvelle économie. Mais par un procédé très similaire peut-on générer un nouvel art ?

Production d’une nouvelle esthétique

Depuis que l’art est devenu non-rétinien (qui ne se regarde pas seulement avec les yeux), on sait que n’importe quel objet peut devenir une œuvre d’art (ex : le Ready-made). Mais bien que le déplacement contextuel d’un objet lui donne un nouveau sens, il ne change en rien sa forme initiale. Un Ready-made garde sa forme à jamais… Dans Skateboarderistismatronics (fan) 2004, Alexandre da Cunha transforme, sans changer leur forme, des objets manufacturés en les déplaçant de leur contexte : des skate-boards dont il retire les roues, et dispose les planches en « étoile » à 3 branches autour d’une casserole, le tout fixé à une tige d’environ 1 mètre perpendiculaire à cette étoile. Alors que l’œil reconnaît immédiatement les planches de skate-boards, l’ensemble évoque indéniablement un ventilateur pour le plafond. Cet acte anthropophagique d’un objet de l’Ouest, particulièrement prisé chez les jeunes bourgeois en mal de piment urbain, est symptomatique d’une nouvelle esthétique créée par le monde non-occidental en se réappropriant des objets issus de l’Occident. Le skateboard est un objet qui fascine. Pour ma part j’apprécie moins l’objet esthétique que la possibilité de réappropriation de l’espace urbain qu’il offre à ses acteurs. Mais ce qui est intéressant dans le travail de Da Cunha, c’est qu’il pose et repose la question de l’esthétique dans le rapport entre l’Occident et le reste du monde sous la forme d’une réinvention : celle d’une autre esthétique dont l’éthique se base non plus sur la création d’un besoin mais sur le bon sens. J’aime imaginer que dans une architecture moderniste dite tropicaliste d’Amérique du Sud – je pense en particulier aux maisons de l’architecte brésilienne Lina Bo Bardi, on pourrait trouver ce ventilateur.

La réappropriation est une forme de continuité culturelle

Les cultures humaines absorbent les restes des autres cultures dans un acte presque naturel, qui se situe entre la copie (le mimétisme), et l’affirmation d’une identité : un acte à travers lequel l’individu social tente de sortir du rôle d’objet que lui impose le rapport à l’autre culture pour en être le sujet.
A travers cette œuvre, on perçoit comment la continuité culturelle a toujours transité par la réappropriation des idées d’abord, puis des formes…
Ce qui m’intéresse par rapport à mon travail c’est de déchiffrer cette démarche. Je crois que dans toute réappropriation se cache un acte politique individuel : celui d’une résistance.

Points de vue d’artistes est une plateforme offrant à des artistes de diverses nationalités l’occasion de réfléchir à des œuvres de la collection permanente de la Tate et aux thèmes que celles-ci abordent.

Tous les textes d’artistes sont publiés en anglais et dans une autre langue du choix de l’auteur. Chaque texte offre une analyse créative à la fois de la collection permanente de la Tate mais aussi de la pratique artistique contemporaine à travers le monde.

Comments

d.mcardle

(remember we "produce" MONEY ,surplus to need for objects etc, the waste is a by product.)

d.mcardle

& of course art generates more money than it recycles waste ! Richter's Gudrun (633) for example sold for £553,500 in '01 and is going to sell in N.Y. Nov.9th. for £3.5m - £4.8m according to the Economist. Yes,no reason why it shouldn't !

d.mcardle

yes yes we know we know £90m.for Pollock and Picasso (60 years old ?)but theres provenance and 'histoire'. People have paid £3m for an antique stamp etc ! Strange story about Van Gough not killing himself,the most tragic thing about him was of course that he never painted an ear in the right place,funny when you consider what he did.(no I worship Van Gough ; though painters of my own time make more sense to me, Caulfield , Bacon, artificial punk colours juxtaposed in varying amounts speak in volumes that Richter for example would not engage with unless they had sploshy organoform (& I think Ellsworth Kelly's squares were positioning us differently,daddyo).

d.mcardle

yeah yeah painted in 1987 . £4m. divided by 24 years....£166,666.667 . woooooaaaahhh ! very funny kids, but we're not in the middle ages.